Derrière la statue (suite)

Second regard d'une série portée sur l'une des fiertés de la ville : son jardin public.

Dans le premier volet - cliquez ici pour relire - je cherchais à connaître l'origine de la "fameuse" statue qui pose face au château. Une oeuvre signée Emile Fernand-Dubois

<· Portrait réalisé vers 1935 par Géo Davelin. Photo Emmanuel Darnault.

Avec l'aide de Morgane Toulgoat (directrice et attachée de conservation du patrimoine du Musée de la Loire) et à travers la rétrospective réalisée par Jean-Michel Roudier, on en sait aujourd'hui un peu plus... Pour cela, il faut se plonger dans la vie du sculpteur.

Extraits
"Emile Fernand-Dubois, l’homme et le sculpteur"
par J.M. Roudier :


"Son amour de la femme (des femmes) constitue une autre facette de son inspiration : pendant plus de vingt ans sortiront de son atelier une ribambelle de jeunes beautés nues et alanguies (...)

(...) Les thèmes féminins sont très tôt présents chez Emile Fernand-Dubois, et seront une des constantes de l’œuvre pendant un demi-siècle. Fernand-Dubois fut probablement un "homme à femmes", qu’il s’agisse des modèles du Montparnasse artistique, de son élève la peintre Géo Daveline (...) ou bien sûr de sa "fidèle Jane" (...)

(...) Les titres de ses différents envois aux Salons parisiens permettent, quant à eux, de comprendre que le nu féminin de petit format, tiré en bronze et destiné à orner la cheminée de quelque demeure bourgeoise, faisaient plus et mieux "bouillir la marmite" d’un sculpteur que d’hypothétiques commandes d’allégories prolétariennes destinées à être érigées dans les squares de la périphérie parisienne… Ainsi :
...
1921 En rêve
...
Avec ce type de productions, Emile Fernand-Dubois allait s’assurer un succès public et critique qui lui permettra de traverser sans encombre les premières décennies du siècle (...)

Il continue à exposer régulièrement chaque année, plus particulièrement au Salon des Artistes français, où il obtient successivement toutes les récompenses avec "Le Carrier", érigé à Malakoff (Seine), plusieurs statues acquises par l’Etat, parmi lesquelles (...) "En Rêve", placée au Musée Galliera.

Il prendra une semi-retraite comme conservateur honoraire du musée de Cosne-sur-Loire (...) Il décède à Villejuif en 1952, pauvre et oublié."


Cahier des Amis du Musée de la Loire - n°10


Alors, qui est-elle vraiment ?
Il sera certainement impossible de répondre à ça, compte-tenu du nombre de conquêtes modèles qui ont posés pour le sculpteur. Le reflet d'une anonyme ou même sa "fidèle Jane"... qui sait ? Il faudra d'abord trouver s'il s'agit d'une commande particulière ou d'un exercice de style.

Et comment est-elle arrivée là ?
C'est encore LA grande question.

Est-ce une originale ? Visiblement oui.
Est-ce la statue acquise par l'Etat qui était exposée au Musée Galliera à Paris ?
Si oui, il pourrait s'agir d'un bien acquis lors d'une vente aux enchères... mais par qui ? Et quand ?

A suivre...




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7 commentaires:

corinne.boulay a dit…

Très belles photos Lanarius, superbe qualité, et angles de prises mettant vraiment en valeur ce qui est photographié. Puis-je vous demander l'appareil photo que vous utilisez? (j'aimerai en acheter un bientôt).
Merci, Corinne

Lanarius a dit…

Merci Corinne ;)
Ces photos ont été prises avec mon ancien appareil : le Canon 350D. Aujourd'hui, j'utilise un Pentax K10D.

gaetben a dit…

Et demain un Alpha Sony ? ;)

Lanarius a dit…

Je suis passé au K20D entre temps...
Mais vu tes performances photo, c'est à réfléchir ;)

Anonyme a dit…

magnifique!!!!
merci
VF

emji a dit…

Bonjour,

Bravo pour ces magnifiques photos. Je crois pouvoir vous apporter un élément de réponse sur l'acquisition de la statue " En Rêve " qui trône devant le Château de la Marquise. C'est Marcel Billard, Maire de Oissel dans les années 1960 qui l'a achetée pour orner cette façade. Il en était très fier. Il faisait beaucoup alors pour Oissel, cherchant toujours à acquérir des objets de valeur pour le bine de ce qu'il appelait " sa " (ma) ville. Tout comme il achétera également une des fresques du Paquebot Normandie, qui orna la grande pièce de la Salle des Fêtes qu'il fit construire, ainsi que toute une série de petits sièges en cuir pour la mairie et le théâtre, qui provenaient également du même prestigieux bâteau ( vaisseau sur lequel Marcel Billard lui-même fut alors marin ! ). Espérant avoir pu ainsi participer modestement aux infos pour un site remarquable ! Bravo encore !!

Lanarius a dit…

Un grand Merci pour cette participation Emji :-)

Vous confirmez une la version qu'on avait pu me glisser il y a peu.
Marcel Billard l'aurait acquise lors d'une vente aux enchères de l'Etat. Merci ausssi pour les autres infos.

Il reste encore la question, quasi injouable, de l'identité propre de la statue ? Qui sait, c'est avec des commentaires comme celui que vous avez pu faire que l'on sera peut-être un jour l'identité de la "gente dame"...

Au plaisir de vous relire sur le blog ;-)
Lanarius